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VOYAGE DANS L'ORNE

Publié le 03 mars 2025
Musée de la Grosse Forge
Crédit: Liliane Bouillon
Musée de la Grosse Forge

LE RUBAN BLEU, mars 2025

 

« LA NORMANDIE QUI GAGNE »

VOYAGE DANS L’ORNE

Le jeudi 4 avril 2024, le voyage de printemps, a permis à 35 personnes, compagnons et amis, de découvrir deux sites majeurs de l’Orne, près de l’Aigle : le Musée de la Grosse Forge à Aube et la Manufacture Bohin à Saint Sulpice sur Risle.

 

Le Musée de la Grosse Forge

Sous la conduite d’un historien spécialiste de la métallurgie en Pays d’Ouche, nous avons découvert avec grand intérêt ce musée, frappant témoignage des lieux où s’exercèrent pendant plus de trois siècles, dans toute l’Europe de l’Ouest, la production du fer et les nombreuses usines métallurgiques animées par la force hydraulique de la Risle.

 

Le site de la forge d’Aube comprenait au XVIIème de nombreux bâtiments : autour du bâtiment de l’affinerie, se dressait une réserve à charbon de bois, une grange, le bâtiment du bocard, la fonderie, un ensemble de six fours, les logements du maître et des ouvriers.

 

Dans le bâtiment de l’affinerie, qui a conservé son aspect du XVIIème siècle, long de vingt-quatre mètres et large de onze mètres, nous avons découvert les mises en scènes montrant le dur labeur du fer : le marteau monumental avec sa roue hydraulique, son arbre à cames et sa charpente, les deux fours d’affinage et celui de la chaufferie, avec leurs énormes soufflets, les pinces, tenailles, moules, balance, complétant les éléments nécessaires à la métallurgie.

 

Les fers d’Aube étaient réputés pour leur beau poli, (utilisés principalement pour la confection d’essieux, de chaînes et bandages de roues, et de produits tréfilés) pour être diffusés jusqu’en Espagne et Portugal.

 

Mais à partir du XVIIIème siècle, la Forge d’Aube amorça son déclin. Après des travaux de restauration des bâtiments, la forge n’a dû sa survie qu’au passage de la métallurgie du fer à celle du cuivre.

 

A la fin du XIXème s. la forge ne traitait plus que les déchets et boues du cuivre, puis seul le spectaculaire marteau, affecté à l’écrasement des plaques de cuivre destinées à la fabrication de phares de voitures, resta en service jusqu’en 1939. En 1967, le Groupe Tréfimétaux reprit la forge, puis l’abandonna à la commune d’Aube en 1980.

 

La Manufacture Bohin, Entreprise du Patrimoine Vivant (Label EPV)

Située au milieu des champs, au bord de la Risle depuis 1866, la Manufacture Bohin, auparavant à L’Aigle (depuis 1833), est le dernier fabricant français d’aiguilles et épingles, depuis 1952, travaillant sur des machines anciennes, certaines ayant entre 150 et 200 ans !

 

Cet accessoire indispensable des couturières est le fruit d’un très long processus : vingt sept étapes et deux mois de fabrication pour obtenir de si petits objets métalliques.

 

Après être entrés dans une première salle présentant l’histoire de l’entreprise, c’est la poursuite dans l’atelier de fabrication, impressionnant par sa grandeur et par la taille des machines si anciennes pour produire ces petites aiguilles et épingles ! Le vocabulaire employé par notre guide n'avait plus de secret pour nous : appérissage, ébavurage, nickelage, revenu, tallage, tréfilage, polissage...

 

Aujourd’hui la Manufacture Bohin emploie une quarantaine d’employés passionnés pour produire plus de 2 500 références parmi lesquelles des aiguilles à coudre, aiguilles artisanales, épingles à tête de verre de Murano, épingles fourches, épingles de sûreté, agrafes de confection, etc.. qui sont exportés dans le monde entier.

 

Comme le dit la jeune directrice générale, Audrey Régnier, (décorée de l’ONM en 2021), qui a été employée 7 ans avant d’en prendre la tête, c’est une usine atypique, un produit du quotidien et du made in France, dont les Normands peuvent être fiers.

 

 

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